Le Bureau d'Embauche

Il recherchait du travail
Abdoulaye
Il venait
du Sénégal
Abdoulaye
Il avait p
ris le large
Après qu'on eu rasé son village

Il ava
it une famille à nourir
U
ne nouvelle patrie à acquérir
Dans laquelle il se s
entait mal
Abdoula
ye

Il s
'est rendu au bureau d'embauche

En so
rti bredouille au bord de l'abîme
Il se
dit qu'il a encore manquer le coche
Quelle honte de devoir "changer de patronyme"

Abdoulaye,
toi le nègre
Ce sont bien eu
x la pègre !

On n'est pas tous Français
De pure souche
O
n choisit pas l'endroit secret
Où notre mère acco
uche
On n'est pas tous jeune
s et forts
Tête
en l'air
O
n a aussi besoin des seniors
D'leur
savoir-faire


I
l cherchait une situation
Gaston
Il avait des q
ualifications
Gaston
A cin
quante balais on l'avait viré
Le voilà en att
ente sur le marché

Il s'est soudain
retrouvé à la rue
Aux cô
tés de ses amies les grues
I
l a maintenant plus de maison
Gaston

Il s'e
st rendu au bureau d'embauche

E
n sorti en criant des tonnerres de Dieu
Il se dit q
u'il a encore manquer le coche
Quelle honte d'être
accusé "d'être trop vieux"

Gaston, laissé en
rade
Tu s'ras mon camarade !

E
lle recherchait un emploi
Laura
Dans l'industrie du
bois
L
aura
Elle aimait le
s métiers manuels
Avant d
'penser à la prime annuelle

Elle masquait sa
tristesse quand ses parents
Lui
disaient "on aurait dû t'appeller Laurent"
Mais ell
e est libre de ses choix
Laura

Elle s'est rendu au bureau d'embauche
En sor
ti en frappant le gars dans les choses
Elle se dit q
u'elle a encore manquer le coche
Quelle honte d'ent
endre "ici les femmes nous indisposent"

Laura, f
ait-leur donc savoir
Qui éta
it Simone de Beauvoir !

On n'est pas tous de sexe mâle
Avec
une pomme d'Adam
Le sexe faible a aussi,
c'est normal
Droit à palpe
r de l'argent
On n'a pa
s tous la chance
D'être vali
de comme ils disent
Des ma
lheureux de l'impotence
O
nt leur place dans l'entreprise


Il cherchait un gag
ne-pain
Alain
Il avai
t perdu l'usage d'ses mains
Al
ain
Bien que diminué de s
es facultés motrices
Il vo
ulait quand même proposer ses services

On lui rapp
elait qu'il était tétraplégique
Depuis q
u'est survenu son accident tragique
M
ais il voulait faire comme si n'était de rien
Ala
in

Il s'est rendu au bureau
d'embauche

En sorti en vo
yant l'employeur rire sous cape
Il se dit qu'il a encore manquer le coche
Qu
elle honte d'être discriminé "pour handicap"

Alain,
prend ton mal en patience
Et ap
prenons-leur la tolérance !

Il recherchait
du boulot
Hugo
Il était pa
s vraiment beau
Hug
o
Lui q
ui postulait pour une place dans la vente
En voulai
t à son physique qui relève de l'épouvante

C'est v
rai que pour persuader le client
Il faut avoir un a
spect plutôt avenant
Mais
sa vertu c'est qu'il a de l'à-propos
Hugo

Il s'est rendu au bureau d'embauche
En
sorti en faisant trembler la porte et les murs
Il se dit qu'il a encore
manquer le coche
Quelle honte d'entendre dire qu'on est pas "gâter par la nature"

Hugo, la laideur c'
est plus résistant
La beau
se meurt avec le temps !

On choisit pas la forme du moule
Dans
lequel on a été conçu
Ni les traits physiques qui en découlent
On n'est ce qu'on naît à
notre insu


Petite c
hanson contre la discrimination
Pour tous ceux qui nais
sent hors de notre nation

Pour
tous ceux qui sont victimes de leur âge
A qui
l'on refuse toute chance à l'embauchage

Pour égal
ement les femmes en proie à la misogynie
Y'a pas que
pour le ménage qu'elles ont du génie

Pour tous ce
ux qui vivent en fauteuil roulant
Que la société n'
accueille pas d'un tapis déroulant

Enfin pour
tous ceux dont l'apparence leur fait défaut
Au
point qu'ils sont refoulés dès qu'il entrent dans un bureau

Un bureau d'embauche...

# Posté le vendredi 18 avril 2008 18:37

On n'en fait tout un tabac

On n'en fait tout un tabac
L'amour c'est comme une cigarette
Ça brûle et ça monte à la tête
Quand on ne peut plus s'en passer
Tout ça s'envole en fumée.
L'amour c'est comme une cigarette
Ça flambe comme une allumette
Ça pique les yeux ça fait pleurer
Et ça s'envole en fumée

# Posté le vendredi 18 avril 2008 18:56

La Fille du Bar

La Fille du Bar
Quand se profile le soir
Q
uand d'autres rentrent du boulot
C'est l'
heure où j'me prépare
A rejoindre mon bistrot
Je prie pour ent
revoir
La fille du ba
r

J
'aime aller boire un verre
J'aime m'en j'ter de
s kyrielles
V'là mon p
'tit rituel
Avant d'do
rmir par terre
Elle re
nd beau mes cauch'mars
La fille du bar

O
n se r'trouve entre mecs
O
n se prend des p'tites cuites
Sous l're
gard des blancs-becs
Et des
vieilles décrépites
Ma
is pour moi c'est la star
La fille du b
ar

Et
, assise au comptoir
M
ystérieuse et distante
Je l'a regarde dans l'noir
Silencieuse et ch
armante
On s'échange d
es regards
Elle a sa place à elle
J'
ose pas aller la voir
bar1
.jpgFaut dire qu'elle est si belle
La fille du ba
r


Elle rayonne dans l
es lieux
Elle est pourt
ant discrète
Chaque fo
is qu'elle lève les yeux
C'est le temp
s qui s'arrête
Elle guérr
it mon cafard
La fille du
bar

Toujours seule da
ns son coin
Toujours l
es jambes croisées
Son
coeur est-il noyé
A-t-
elle perdu son ch'min
A côté d'nous s'égare
La fille du bar

Jama
is elle ne dit mot
Jamai
s se plaint du bruit
Sa bouche est un cadeau
A tous
ceux qu'elle sourit
Attend
-t-elle un rencard
La fill
e du bar

Et, assise au comptoir
Timide et sensuell
e
Je l'a contem
ple dans l'noir
Imposante et r
ebelle
On s'échange de
s regards
Tous les soirs elle me hante
J'ose
pas aller la voir
Elle
est si élégante
La
fille du bar


Devrais-je
la déranger
Devrais-je
craindre son silence
Pourquoi suis-je si troublé
Par s
a magnificience
Je l'aimer
ai tôt ou tard
La fille d
u bar

Comme un oiseau fra
gile
Comme reine parmi
les fous
Faut qu'j'lui
parle malgré tout
Dans
c't'endroit où elle brille
Elle n
ourrit mon espoir
La fille
du bar

Ses gestes et son
parfum
Sa jupe fendue j'
aime bien
J'ai brisé l
e mystère
Quand j'ai r'
joint son repère
L'ava
it pas l'air bavard
La
fille du bar

Et, assise au comptoir
S
ilencieuse et charmante
Je
l'a contemple dans l'noir
Timide et sensuelle

On s
'échange des regards
Elle
est si élégante
J'
ose pas aller la voir
Elle a sa p
lace à elle
La fille du ba
r


Q
ue fais-tu donc ici
Q
ue caches-tu dans tes mains
Tais-toi et brûle
ma nuit
Qu'elle m'd
it d'un ton serein
Et aus
si péremptoire
La fill
e du bar

J'avou
e mon embarras
J'avoue oui
je l'embrasse
Mes potes
à la terrasse
Picolent
toujours, moi pas
Ell
e venait de s'asseoir
L
a fille du bar

J'suis
tombé dans son piège
J'suis l'amour qu'elle protège
Le trophée t
ant guigné
A été remport
é
Elle s'en ira autr' part
La fille du bar
'
Sortira d'cette histoire
La fille d
u bar
La f
ille du bar
La
fille du bar

Oh Oh Oh
Oh
Oh Oh

La fille du bar...

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# Posté le vendredi 18 avril 2008 19:11

Bernard Lavilliers - Noir et Blanc

C'est une ville que je connais
Une chanson que je chantais
Y'a du sang sur le trottoir
C'est sa voix, poussière brûlée
C'est ses ongles sur le blindé

Ils l'ont battu à mort, il a froid, il a peur
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur

Po Na Ba Mboka Nionso Pe Na Pikolo Nionso


Il vivait avec des mots
Qu'on passait sous le manteau
Qui brillaient comme des couteaux
Il jouait d'la dérision
Comme d'une arme de précision
Il est sur le ciment, mais ses chansons maudites
On les connaît par c½ur

La musique a parfois des accords majeurs
Qui font rire les enfants mais pas les dictateurs
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur
La musique est un cri qui vient de l'intérieur

Ça dépend des latitudes
Ça dépend d'ton attitude
C'est cent ans de solitude
Y'a du sang sur mon piano
Y'a des bottes sur mon tempo
Au-dessous du volcan, je l'entends, je l'entends
J'entends battre son c½ur

La musique parfois a des accords mineurs
Qui font grincer les dents du grand libérateur
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur
La musique est un cri qui vient de l'intérieur

C'est une ville que je connais
Une chanson que je chantais
Une chanson qui nous ressemble

C'est la voix de Mendela
Le tempo docteur Fela
Ecoute chanter la foule
Avec les mots qui roulent et font battre son c½ur
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur
La musique est un cri qui vient de l'intérieur

Po Na Ba Mboka Nionso... Pe Na Pikolo Nionso
Bernard Lavilliers - Noir et Blanc

# Posté le vendredi 18 avril 2008 19:23